Les étapes de son Tour du Monde en 80 jours ... à vélo
A U S T R A L I E Jour 28 : Perth --> Doodlakine (Australie Occidentale - 216 km)
"L'hiver à Perth ?"Jour 29 : Doodlakine --> Parc National de Boorabbin (Australie Occidentale - 223 km)
"Dans l'hémisphère sud, la lune ne sourit pas"Jour 30 : Boorabbin --> Widgiemooltha (Australie Occidentale - 200 km)
"De la magie de la translation sur le segment AB"Jour 31 : Widgiemooltha --> Fraser Range (Australie Occidentale - 196 km)
"Solitude, temps ralenti et liquéfié"Jour 32 : Fraser Range --> Caiguna (Australie Occidentale - 274 km)
"Pour conquérir l'espace, s'enduire de crème solaire"Jour 33 : Caiguna --> Madura Pass (Australie Occidentale - 160 km)
"L'orage mécanique des road-trains géants"Jour 34 : Madura Pass (Australie Occidentale) --> Border Village (Australie Méridionale - 198 km)
"Le cycliste est condamné à aller de l'avant"Jour 35 : Border Village --> Nullabor Motel (Australie Méridionale - 189 km)
"Moral à zéro mais une averse ne change pas la vie"Jour 36 : Nullarbor Motel --> Penong (Australie Méridionale - 227 km)
"Un détour pour aller voir les baleines ? Banco !"Jour 37 : Penong --> Poochera (Australie Méridionale - 216 km)
"Une soirée au pub, dans la prairie"Jour 38 : Poochera --> Kimba (Australie Méridionale - 177 km)
"Au bout de la route monotone, enfin le confort !"Jour 39 : Kimba --> Wilmington (Australie Méridionale - 206 km)
"Parler d'eau, un verre de cabernet sauvignon à la main"Jour 40 : Wilmington --Burra (Australie Méridionale - 170 km)
"Le cap de la mi-course est franchi dans la tempête"Jour 41 : Burra --> Renmark (Australie Méridionale - 201 km)
"Sur la route de la fin du monde, on tond les moutons"Jour 42 : Renmark (Australie Méridionale) --> Euston (Nouvelle Galles du Sud - 225,5 km)
"Attaque hitchcockienne à 1000 km de Sydney"Jour 43 : Euston --> Hay (Nouvelles Galles du Sud - 214,5 km)
"Est-ce la plainde de Waterloo, fatale à Napoléon ? Où suis-je donc ?"Jour 44: Hay --> Weethalle (Nouvelles Galles du Sud - 198 km)
"Ce matin, le ciel limpide invitait à l'escapade"Jour 45 : Weethalle --> Cowra (Nouvelle Galles du Sud - 220 km)
"Le compteur affiche 7.200 km depuis Paris"Jour 46 :Cowra --> Lithgow (Nouvelles Galles du Sud - 170 km)
"Je grimpe, la température descend : 12°C à 1.000 m"Jour 47 : Lithgow --> Sydney (Nouvelle Galles du Sud - 150 km)
"Sydney, ça se mérite !"Jour 48 : Journée repos à Sydney
"La chercheuse de papillons"Jour 49 : Transfert aérien jusqu'à San Francisco
"J'ai pris de l'avance et je suis en forme pour m'attaquer à un nouveau continent : les Etats Unis !" E T A T S U N I SJour 50 : Dublin --> Pine Grove (Californie - 195 km)
"Partis le mardi à 14 h 45 de Sydney, nous avons atterri ce même mardi à 10 h 30 à San Francisco"Jour 51 : Pine Grove (Californie) --> Silver Springs (Nevada - 217 km)
"Je pars à la conquète du Carson Pass avec ses 86 km d'ascension et qui culmine à 2.613 m"Jour 52 : Silver Springs --> Austin (Nevada - 220 km)
"Le Nevada a la forme d'une lame de guillotine"Jour 53 : Austin --> Ely (Nevada - 242 km)
"A l'assaut des canyons !"Jour 54 : Ely (Nevada) --> Delta (Utah - 245 km)
"Un détour sur la lune"Jour 55 : Delta --> Heber City (Utah - 198 km)
"Archi et moi avons compris : nous avons déjà reperdu trois jours sur Fogg"Jour 56 : Heber City - Vernal (Utah - 204 km)
"Maïs et arbres fruitiers prospèrent dans l'Uintah Bassin, oasis aussi brève que surprenante"Jour 57 : Vernal (Utah) --> Craig (Colorado - 198 km)
"Je roule sans avancer, avec la sensation pénible d'être à contre-sens sur un tapis roulant"Jour 58 : Craig --> Walden (Colorado - 163 km)
"Vers le toit de notre monde !"Jour 59 : Walden --> Ault (Colarado - 194 km)
"Chaussettes, bonnet, pull et deux couvertures : les nuits sont froides à 2.200 m"Jour 60 : Ault --> Julesburg (Colorado - 234 km)
"Une longue sirène rauque perce le silence"Jour 61 : Julesburg (Colorado) --> Gothenburg (Nebraska - 196 km)
"J'ai vu le doute en moi s'immiscer. Je suis las"Jour 62 : Journée repos forcé, Guillaume - Philéas Fogg est malade
"Guillaume se sent mal, il a de la fièvre et des douleurs musculaires"Jour 63 : Gothenburg --> Utica (Nebraska - 261 km)
"Le succès définitif. L'échec n'est pas fatal. Rattraper le temps perdu !"Jour 64 : Utica (Nébraska) --> Corning (Iowa - 252 km)
"Ne jamais perdre de temps et ne jamais oublier que nous ne devons pas en perdre"Jour 65 : Corning --> Ottumwa (Iowa - 206 km)
"Ce matin, en Iowa, l'été ressuscite. Où dons sont les Américains ?"Jour 66 : Ottumwa (Iowa) --> Galesburg (Illinois -- 207 km)
"New York est à plus d'une semaine de route"Jour 67 : Galesburg --> Gilman (Illinois - 216 km)
"Accepté en Europe, insolite en Inde, sympathique en Australie, le cycliste agace les américains"Jour 68 : Gilman (Illinois) --> Wabash (Indiana - 197 km)
"Rencontre avec Déborrah qui m'a contacté pour la première fois en 2007"Jour 69 : Wabash (Indiana) --> Dunkirk (Ohio - 205 km)
"Depuis San Francisco, dents serrées et quadriceps en feu, j'ai remonté trois fuseaux horaires"Jour 70 : Dunkirk --> Canton (Ohio - 203 km)
"Son visage carré bordé par une mâchoire saillante lui donns une apparence de Schwarzenegger"Jour 71 : Canton (Ohio) --> Butler (Pennsylvanie - 187 km)
"J'ai le blues. Ma vie oscille comme une pendule dans le vide sidéral du cosmos"Jour 72 : Journée repos à Butler en Pennsylvanie
"L'étape d'hier, éreintante, comptait plus de 2.00 m de dénivelé"Jour 73 : Butler (Pennsylvanie) --> Tyrone (PA - 185 km)
"Je roule depuis deux heures déjà et les Appalches sont plus compliquées à grimper que prévu"Jour 74 : Tyrone --> Mount Carmel (PA - 205 km)
"Il m'a fallu plus de six heures pour atteindre Mount Carmel"Jour 75 : Mount Carmel (PA) --> New York City (211 km)
"Ce fut une énième ration d'Appalches, des côtes ahurissantes au-dessus des mines de charbon"Jour 76 : Journée repos à New York City
"Le secret de Archi, Chris et Fogg ? Réduire l'égo à la taille d'un poids chiche, accepter les critiques et manifester un esprit de sacrifice"Jour 77 : Transfert aérien vers Londres
"L'Amérique ne m'a pas déçu : son immensité est un spectacle permanent"L O N D R E S Jour 78 : Londres
"Archi doit rentrer en urgence à Nice. Francis, le cartographe du Tour du Monde en 80 jours à vélo, le remplace"F R A N C E Jour 79 : Londres (Angleterre) --> Abbeville (France - 200 km)
"La France c'est d'abord un parfum, celui de la terre grumeleuse et fertile"Jour 80 : Abbeville --> Paris (siège du journal Le Monde - 189 km)
"Fogg, nous avons fait jeu égal en 80 jours autour du globe""Quel plaisir de vous annoncer que j'ai bouclé mon tour du monde à vélo en 80 jours le vendredi 25 septembre 2009, à 16 h 40 exactement ! Un homme de votre classe ne saurait s'aigrir d'être égalé. Oui, j'ai relevé le même défi insensé que vous, faire le tour de notre belle planète, 13 156 km, selon le découpage suivant : soixante-neuf étapes (moyenne journalière : 190,6 km), cinq jours de repos et six de transferts. (...) Je ne peux vous dévoiler mon futur proche, puisque je ne le connais pas moi-même. Mais ce que la chenille appelle fin du monde, le reste du monde l'appelle papillon : toute fin est le début d'autre chose, voilà tout. Il y a toutefois quelque chose qui me chagrine, Fogg. Nous avons fait jeu égal en 80 jours autour du globe".
==================================================A la veille de son arrivée à Paris, Guillaume Prébois tirait les leçons du pari fou qu'il s'était lancé.(Propos recuillis pa Mustapha Kessous pour le journal Le Monde)Comment vous sentez-vous, après avoir avalé 13 500 kilomètres de bitume en 80 jours ?Je me sens étonnamment bien. Même dans mes prévisions les plus optimistes, je n'aurais pas pensé que mon corps réponde aussi bien après cet extrême périple. C'est plus une fatigue psychologique qui me tombe dessus : j'ai commencé à entrevoir depuis une quinzaine de jours une lassitude de monter sur mon vélo.
N'en aviez-vous pas marre de rouler 200 kilomètres par jour ?Quand tu sais le matin que tu vas faire entre six heures et sept heures de route, tu te demandes toujours à quoi tu vas bien pouvoir penser et ce que tu vas faire tout seul sur ton vélo, avec comme seul point de repère ton guidon. Mais finalement, les journées passent toutes rapidement. J'ai eu la chance de découvrir des paysages, et c'est cela qui m'a sauvé sur ce tour du monde.
Cette lassitude vous a-t-elle conduit à vous dire "J'arrête" ?Je n'ai jamais pensé à abandonner une seule seconde. Je faisais même des prévisions catastrophistes : j'étudiais mentalement la façon dont je pourrais conduire mon vélo si en cas de chute je me cassais un poignet ou un bras. Les Américains m'encourageaient en me criant : "Finish the job !", "Termine le travail". Beaucoup de gens m'ont écrit pour me dire que ce n'était pas grave si je ne terminais pas ce tour en 80 jours : "N'oublie pas que tu te bats contre une fiction", m'a-t-on répété. Mais le voyage de Phileas était devenu réel à mes yeux. Un peu comme un acteur qui serait un peu trop entré dans un personnage.
Qui avez-vous finalement le plus poursuivi à travers la planète : Phileas ou vous-même ?Les deux ! Il a fallu que je me batte contre Phileas Fogg pour que je repousse mes propres limites. C'était le seul prétexte possible pour aller chercher un défi aussi extrême. Pour ce genre de challenge, c'est impossible de savoir à l'avance si ton corps va tenir. Je suis parti pour me battre moi-même, mais la seule raison valable était d'égaler le record de Phileas. Il n'y a qu'un rêve qui peut te conduire à ce genre de chose, il n'y a pas assez de fantaisie dans la réalité pour pousser quelqu'un dans ses retranchements.
Vous êtes-vous senti en danger ?Jamais ! C'est assez encourageant de pouvoir dire que l'on peut faire un tour du monde sans avoir la sensation de peur. En revanche, sur la route, en tant que cycliste, j'étais vraiment une cible. Il y a une sorte de rivalité incompréhensible entre l'automobiliste et le cycliste. Peut-être parce qu'il voudrait être à notre place, il est jaloux de notre liberté et ça le conduit à être agressif... Des camionneurs venaient exprès me frôler. Il y a des étapes où je me suis dit : "Celle-là, je l'ai terminée sain et sauf." Avant le départ, il y a toujours une appréhension, tu espères que tu vas arriver intact.
Quel est le pays le plus hostile au vélo ?Les Etats-Unis, sans aucun doute.
Pourtant, c'est la nation de Lance Armstrong, le septuple vainqueur de la Grande Boucle...C'est bien pour cela qu'il vient faire du vélo en France. 99 % des Américains n'ont pas fait de vélo ou très peu dans leur jeunesse. J'ai croisé seulement deux coureurs dans ma traversée des Etats-Unis, c'est hallucinant. Ce n'est pas l'Australie et son amour pour le cyclisme...
Comment est perçue la France dans les contrées lointaines ?Il y a toujours un soupir d'émerveillement dans un premier temps. J'ai senti une image mélancolique du pays. On est tombés plusieurs fois sur des gens qui nous ont crié "Vive la France, vive la République !". Pour les étrangers, la France se résume à Paris. Ce qui est drôle aussi, c'est que tout le monde est au courant que Nicolas Sarkozy est marié avec Carla Bruni, même dans les tréfonds du globe. Il y a quelques jours, le groom de l'Empire State Building, m'a dit en me voyant : "Oh, oh, oh, Carla Bruni !", puis il a ajouté : "Système de santé gratuit."
Vous avez même écrit que les jeunes que vous avez rencontrés ne souhaitaient pas venir en France pour y vivre...La France déclenche une fascination romantique, mais elle n'a pas de "business appeal". Les jeunes Indiens, par exemple, veulent aller faire carrière en Australie, aux Etats-Unis ou en Asie du Sud-Est, mais pas en Europe.
Quel a été votre pire ennemi pendant ce voyage ?Le vent. Quand il est de face, tu ne peux rien faire. Le vent, c'est ton maître : quand il est contre toi, il joue avec toi, tu es sa victime. Il ne faut surtout pas penser à descendre du vélo, sinon tu descends : il faut vraiment s'accrocher.
Et à quoi pensiez-vous ?Aux personnes qui ont mis des billes dans ce projet : je ne pouvais pas les décevoir. Et puis, on se rapproche de la nature, on voit les étoiles, on revoit de la couleur. Les villes nous aveuglent, elles ne sont faites que de noir et blanc. On se retrouve avec soi aussi. Ces moments-là n'existent pratiquement plus dans la vie cadencée imposée par un système.
Avez-vous aussi redécouvert le goût des aliments ?J'ai fait un tour anarchique au point de vue diététique. J'ai fait un tour du monde au hamburger-frites-ketchup avec quelques plats de pâtes entre. Mais c'était calculé ! Quand on entre dans une phase énorme de stress pour l'organisme, si le soir on m'avait servi des brocolis, je n'aurais pas fait plaisir à mon corps.
Il faut compenser la douleur de la journée au moment où tu es à table. Je n'ai jamais eu un jour sans de mauvaises jambes. Ton métabolisme brûle tellement de choses que la nature des aliments n'a finalement pas d'importance.
Qu'avez-vous appris sur les routes du monde ?J'ai pris des leçons d'hospitalité par des gens qui ont fait pour moi des choses que je n'aurais pas faites pour des étrangers et que maintenant j'aurai envie de faire. Tu te rends compte aussi que la société dans laquelle tu as grandi n'est peut-être pas la bonne. Chaque jour a été une gifle, je ne suis pas le même Guillaume que celui qui est parti il y a 80 jours.
Après ce long voyage, comment avez-vous trouvé la Terre ?Elle est belle, malgré tous les discours alarmistes. Je l'ai trouvée vivante, ça m'a rassuré quelque part : nous ne sommes pas encore au bout du rouleau. Mais je me pose des questions. Pour moi, la beauté de la planète n'a rien à voir avec un processus aveugle et cruel. Ce que j'ai vu, ce n'est pas explicable par le temps qui passe. J'ai regardé les ailes parfaitement géométriques d'un papillon, il faudrait un ordinateur pour les faire aussi précises. Je suis parti croyant, je le suis revenu encore davantage.
Vous prouvez que l'on peut faire du vélo sans se faire masser...Je suis convaincu que les fibres musculaires ne sont pas faites pour être malaxées. Je pense que beaucoup d'athlètes de haut niveau ont des problèmes musculaires car ils sont excessivement massés. Je n'ai jamais eu un seul souci musculaire depuis que je fais du vélo, pas une seule tendinite. Les masseurs du Tour de France vont me haïr maintenant.
Et sans se doper aussi...Je pense que le corps est capable de s'adapter à tout : il est capable de te fournir exactement la prestation que tu attends de lui. On a tendance dans nos sociétés à sous-estimer nos capacités.
Avez-vous réussi à trouver Phileas Fogg ?Je l'ai aperçu, j'ai vu son image parfois derrière les vitres des trains qui me doublaient parce que c'était les mêmes trains, qu'il prenait, comme l'Union Pacific aux Etats-Unis. C'est encore les mêmes chemins de fer, les mêmes wagons, j'ai cru le croiser. Je l'ai vu aussi en moi parfois, en essayant de maintenir le calme qu'il affiche dans le roman, dans les situations où moi j'étais en difficulté. Je savais que le flegme de Fogg était la clé pour m'en sortir : ne jamais paniquer quelle que soit la situation, c'est ce que j'ai essayé de faire.
==================================================Pour des photos et des vidéos du retour de Guillaume PREBOIS à Paris,
>>> I C I <<<==================================================Guillaume a terminé son Tour du Monde à vélo en 80 jours, le vendredi 25 septembre 2009,
à 16h40 devant le journal Le Monde !
TOTAL : 13 200 kilomètres en 69 étapes, 5 jours de repos, 6 jours de transferts par avion
LE LIVRE DE CE FABULEUX VOYAGE SORTIRA SOUS PEU...
UN IMMENSE BRAVO, TOUTES MES FELICITATIONS ET UN PROFOND RESPECT A GUILLAUME PREBOIS !!!